Pour Noël, on m’a offert la trilogie Millenium de Stieg Larsson. Trois romans suédois publiés chez Acte Sud. Trois épisodes de la vie d’un journaliste économique. J’ai commencé le premier volume, Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes (titre ambigu) avant hier. lecture facile, écriture qui n’a rien d’exceptionnel mais, c’est vrai, construction intelligente, vraiment feuilletonesque. J’avance vite, trois cents pages déjà.
Ce qui m’amuse, et qui sonne d’un bruit un peu étrange, c’est cette ode au Mac. Régulièrement, le héros prend son iBook. il ne saurait pas vivre sans. Alors qu’il mène une enquête personnelle pour résoudre un mstérieux crime vieux de trente-six ans, il va sur Internet, sur le site http://www.ibrium.se acheter et récupérer un logiciel dont il ne saurait se passer, un shareware du nom de NotePad deluxe (je suis allé voir, ça existe, c’est daté mais en effet, c’est un très bon programme). Panégyrique du Mac. Un autre personnage, qui évolue en parallèle, doit se racheter un ordinateur. Son “Apple iBook 600 blanc avec son disque dur de 25 Go et 420 Mo de mémoire vive, fabriqué en janvier 2002 et pourvu d’un écran de 14 pouces” a été cassé dans un bête accident. Ce genre de phrases, c’est impossible. Ça sonne faux. Artificiel. Et ce n’est pas fini. Un peu plus bas : “La perte de l’ordinateur était un coup au moral mais pas une catastrophe. Lisbeth Salaner s’était parfaitement bien entendue avec lui au cours de cette année de vie commune. Elle avait fait des copies de tous ses documents et elle possédait un vieux Mac G3 fixe, plus un PC Toshiba portable qu’elle pouvait utiliser. Mais — bordel de merde ! — elle avait besoin d’une bécane rapide et moderne”. Du coup, elle fait son choix et opte “pour le meilleur choix possible : le nouvel Apple PowerBook G4 à 1GHz, coque en alu et doté d’un processeur PowerPC 7451, AltiVec Velocity Engine, 960 Mo de RAM et d’un disque dur de 60 Go” et de terminer le paragraphe en précisant qu’il “avait Bluetooth et un graveur CD et DVD intégré” et surtout “le premier écran 17 pouces du monder des portables avec une carte graphique Nvidia et une résolution de 1 440 x 900 pixels qui ébahissent les adeptes des PC et déclassent tout ce qu’on pouvait trouver d’autre sur le marché”. Le pire est que pour avoir cette “rolls des portables”, le personnage va devoir se battre avec son tuteur comme on ne l’imagine pas…
Évidemment, j’aime les Mac, mais là j’avoue que c’est un peu trop. À se demander si Apple ne va pas jusque faire du placement de ses produits dans les romans et si, dans le deuxième volume, ce n’est pas une machine HP, parce que le fabricant aura payé plus cher, qui sera ainsi vantée. En tout cas, c’est assurément un excellent policier.